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Aaron

Aaron Artificial Animals Riding On Neverland

Animals riding on Neverland

JOURNALIST NAME : Julien Cottineau

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Révélé par le grand écran, le single U-Turn (Lili) avait mis tout le monde d’accord cet automne. Le duo parisien AaRON persiste cet hiver en signant un premier album léché et envoûtant, simplement beau.

th-aaron-artificial-animals-riding-on-neverlandLa plus grosse boulette serait de s’arrêter à U-Turn (Lili). La chanson phare et incontournable qui habite le film Je vais bien, ne t’en fais pas a déjà eu largement son heure de gloire sur les plates-formes de téléchargement et squatte depuis un moment un bon paquet d’iPods. Certes, ce morceau est une petite merveille que l’on ne peut ignorer. Mais AaRON n’a pas fait qu’une chanson. Au contraire, ce premier album démontre justement qu’ils en ont composé au moins treize et que toutes ont potentiellement quelque chose d’aussi fort que U-Turn (Lili).

Formé de l’ancien guitariste de Mass Hysteria et d’un acteur de cinéma, l’étrange duo parisien au doux nom d’Artificial Animals Riding On Neverland signe là un superbe album pop qui mérite largement qu’on s’y attarde. En réalité, AaRON ne nous laisse guère le choix. Dès le sublime Endless Song en introduction, c’est une glissade sans fin. D’ambiances mélancoliques sur fond de couleurs trip-hop à des rythmiques plus panachées sur des harmonies toujours gracieuses, on se laisse porter, happer par un disque d’une beauté feutrée.

Le piano d’Olivier Coursier nous ballade en laissant la voix chaude de Simon Buret nous envelopper. C’est simplement désarmant de justesse et de douceur. Fondue dans le décor, la reprise Strange Fruit, connue surtout pour l’interprétation de Billie Holiday, ne dénote pas, bizarrement, au sein de l’album. Comme si AaRON s’était chargé de l’écriture. Une écriture serrée mais dense qui s’étire sans coup férir, évitant même l’écueil des seules paroles en français (Le tunnel d’or) au milieu de titres uniquement en anglais.

De cet univers teinté de noir et de vert s’extirpe rapidement l’idée que l’on assiste là à des premiers pas prometteurs. En tout cas, l’entrée en matière est quasi parfaite.

Discograph, sortie le 6 février 2006.

http://www.aaron-world.org 

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