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Al Peco

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Né au début des années 80 en région parisienne sous le nom de Yamadou K., Peco grandit à Grigny jusqu'à l'âge de neuf ans. Son père professeur de biochimie retourne au pays en 1988, et son fils l'y rejoint un an plus tard. C'est donc au Mali que Peco passe une partie de son enfance, entre dix et dix-neuf ans, avant de retourner finir ses études d'économie en France, à Toulouse. Mais le virus de la musique, tenace, ne quitte pas le jeune MC qui rentre dans le mouvement rap en écoutant les ados hardcore de Kris Kross. « Vêtements, attitude, Kris Kross m'a giflé » raconte Peco. « Très vite, je suis passé à Fu-Schnickens, Da Youngsta's, Das EFX, Pharcyde, Tribe Called Quest. Comme on est un peuple qui voyage beaucoup, des grands frères qui étudiaient aux Etats-Unis envoyaient des cassettes au quartier. Côté français, la première référence qu'on a eu était MC Solaar ». Quand il s'agit de se choisir un blase, Yamadou se lance : il est petit et trapu, il sera d'abord Pec MC, puis se fixe sur Al Peco. On est en 1992 et Peco écrit ses premiers textes, avec dès le début un axe social. « J'ai toujours été touché par la misère qu'il y a en Afrique, mais j'avais aussi ce côté ego trip un peu fou fou. Mon premier texte, c'était « vert jaune rouge égale liberté, les politiques nous exploitent », des choses qui me touchaient ». Lucide, Peco ne se contente pas de banalités bien-pensantes mais développe un discours critique sur les rapports France/Afrique, l'assistanat, les résidus du colonialisme. En 1993, il intègre le groupe Rage, basé au Mali. « Un membre du groupe rappait en anglais, il n'avait jamais quitté le Mali mais depuis l'âge de 6 ans, dans sa tête il était ricain ! Il y avait des personnages atypiques, un gars rappait en bambara. Moi j'étais le plus jeune, le rappeur français. On a splitté parce qu'on était des enfants d'un certain milieu social et qu'on ne pouvait pas dire aux parents qu'on se lançait dans la musique. Certains sont partis au Canada ou en France pour les études, chacun a fait sa route après un unique album. Et moi, je suis devenu artiste solo en 2002« .

En solo, ça démarre fort pour Al Peco : il enregistre à Toulouse un CD autoproduit et le fait acheter par ses collègues étudiants avant qu'il soit sorti afin de le financer ! « Je voulais foncer », explique Al Peco, « le produit aurait pu être mieux mais je voulais provoquer la chance. Ensuite, vers 2005, j'ai « chacalisé » la France entière, j'avais la rage du conquérant ». Pendant deux ans, Peco est effectivement sur toutes les mixtapes, et non des moindres : son fameux street album Bled Hard Concept (dont le second tome sorti en 2006 contient le fameux « Mr l'ministre 2 l'intérieur » dédicacé à Sarkozy qui fit couler beaucoup d'encre, y compris au sein de l'UMP), Sang d'encre, MCs en faction, Independenza, Double Face 6 et bien d'autres. Tout en gardant farouchement son indépendance. « Je n'appartenais à aucune entité, aucun clan, je n'étais pas soutenu par Dadoo ou IAM ou Mafia K'1 Fry ou Oxmo, non, j'arrivais de nulle part, soutenu par personne. Je voulais la gloire entre guillemets, montrer que j'étais là. Moi c'est blédard du Mali, 9-9 représentant. Je ne suis pas 100% du village ou 100% de la cité, je suis trois semaines à Paris, je pars faire mes dièses au Mali, des fois je suis aux States… Je suis un peu l'enfant qui a quitté le bled et qui part en mission. Je représente la diaspora africaine».

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