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RAY DAVIES See My Friends

Découvrez See My Friends, l'album évènement de Ray Davis

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Le légendaire génie des Kinks revisite certains de ses plus grands succès écrits au cours de quarante-six années de carrière avec en sa compagnie une incroyable brochette d’artistes : Bruce Springsteen, Alex Chilton, Black Francis, Billy Corgan, Metallica et Jackson Browne et bien d’autres.

« See My Friends » est un album de collaborations avec une incroyable brochette d’artistes aux côtés de qui Ray Davies reprend des chansons écrites au cours de ses 46 ans de carrière. On y retrouve Bruce Springsteen sur Better Things, Metallica sur You Really Got Me, Mumford & Sons sur Days/This Time Tomorrow, Paloma Faith sur Lola, ainsi que dix autres collaborations tout aussi inspirées. « Le projet est né presque par accident, explique Davies. J’étais entrain d’écrire de nouvelles chansons avec un artiste en particulier. En fait, je n’ai jamais vraiment enregistré avec d’autres personnes, ou écrit pour d’autres. Au départ, ça a commencé comme un projet de collaboration : j’allais écrire des chansons pour des gens. » explique Ray. (Pour voir la vidéo de Ray Davies & Metallica, cliquez ici !)

Et puis pendant l’été 2009, Davies a enregistré une version de Till The End Of The Day (extraite de l’album « The Kink Kontroversy », publié en 1965) avec le chanteur de Big Star, Alex Chilton. Davies avait fait la connaissance de Chilton, décédé en mars 2010, à l’époque où il vivait à la Nouvelle-Orléans. Chilton faisait partie de ceux qui avaient sympathisé avec Davies après qu’il a été blessé par balle à la jambe lors d’une attaque à main armée dans la rue en 2004. Mais le projet n’a vraiment pris corps qu’à la fin de l’an passé à New York. « J’ai donné un gros concert là-bas, pour le 25eme anniversaire du Rock And Roll Hall Of Fame. C’est là que j’ai rencontré Bruce Springsteen. Il a dit qu’il était très content de participer. On a fait Better Things, qui avait été un hit pour les Kinks aux Etats-Unis, mais pas en Angleterre. Et j’ai joué You Really Got Me et All Day And All Of The Night avec Metallica. Tout est parti de là….« . Davies n’a donc pas eu de scrupule à donner une seconde vie à ces classiques. Son passé musical n’a rien d’une terre inconnnue, et son catalogue rien d’une vache sacrée. Il était prêt à s’ouvrir aux idées d’autres artistes et à leurs interprétations. Et il a été ravi de se laisser porter là où la musique le menait, à tous les sens du terme : d’Oslo au Danemark en passant par l’Allemagne et la Belgique pour enregistrer avec Metallica, New York pour enregistrer avec Bon Jovi, le New Jersey pour Bruce Springsteen, Chicago pour Billy Corgan des Smashing Pumpkins, et chez lui dans son studio du nord de Londres pour le reste. « Ce disque a déjà pas mal voyagé !« , sourit Ray. Tout ça a été réalisé sans cérémonie : Jackson Browne a fait un saut avec une Gibson acoustique toute cabossée au beau milieu d’une tournée européenne, Paloma Faith est venue avec tout son groupe et Frank Black a fait un passage express un après-midi.

Un dialogue s’est établi entre Davies et les artistes en Grande-Bretagne et aux USA. Certains étaient fans de lui. D’autres lui ont été suggérés. Il en connaissait certains de longue date. Il avait rencontré Springsteen plusieurs fois au cours des années, mais ils n’avaient jamais travaillé ensemble. « Je voulais en quelque sorte jouer le rôle de catalyseur, je voulais arriver à faire chanter une chanson donnée d’une manière donnée à ces artistes, puis trouver ma place sur leur interprétation. Mais pour Better Things (tirée de l’album paru en 1981 Give The People What They Want), que j’ai faite avec Bruce, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça puisqu’on l’a tous les deux chantée comme on chante d’habitude. Je suis particulièrement satisfait de la nouvelle outro à laquelle j’ai pensé. Je ne l’avais pas soumise à Bruce, et je l’ai juste interprétée quand on jouait l’accompagnement. J’ai rallongé la fin pour qu’on puisse se renvoyer la balle à la fin du morceau. Il a tout de suite compris et il a rebondi de manière très pro. Je suis très content… Pour certains titres, il a fallu que je prenne en compte le style des autres artistes, sinon le tout aurait été bancal. Et puis je voulais que l’album puisse s’écouter comme un tout. Chaque morceau avait une vie propre. »

Ainsi, la chanteuse country Lucinda Williams, accompagnée par The 88, insuffle un nouveau souffle, une nouvelle énergie à A Long Way From Home (tiré de l’album paru en 1970 Lola Vs Powerman And The Moneygoround Part One), tandis que l’auteur-compositrice-interprète écossaise Amy Macdonald replace le single Dead End Street (1966) « au coeur du contexte social d’aujourd’hui… Autant que je sache, Amy n’avait jamais chanté dans un autre studio que celui où elle a travaillé avec son manager. » Alors quand Davies l’a invitée dans son QG du nord de Londres, les studios Konk, « c’était tout nouveau pour elle… Je me suis assis avec elle, elle ne pouvait pas chanter le titre dans la même tonalité que moi, alors j’ai adapté la chanson et écrit une harmonie sur laquelle nous nous sommes calés. Ca a généré des problèmes différents de l’original, mais le résultat final est très bon. J’ai aussi écrit une nouvelle intro, différente de celle qu’on trouve sur l’enregistrement des Kinks de Dead End Street. J’ai écrit un nouveau mouvement qui ressemble à une chanson swing.« 

Cet exemple, ajoute-t-il, illustre bien l’approche très libre qu’il a adoptée dans son travail avec chacun des artistes sur chacun des titres : « J’ai laissé toutes mes idées préconçues à la porte. J’ai adapté les arrangements en fonction de la situation dans laquelle nous nous trouvions sur le moment. Il faut bien réaliser que la reprise de la chanson n’est pas tout pour moi. L’important, c’est de tirer de l’artiste une performance unique« , précise-t-il en parlant de l’interprétation de Gary Lightbody de Snow Patrol de Tired Of Waiting For You (1965), dont Davies a modifié le ton du pont pour s’adapter à la voix « légère et éthérée » du chanteur. « Parce que j’ai aussi tenu le rôle de producteur. Et je n’avais pas envie que les gens arrivent en studio juste pour répéter du déjà-entendu. Chaque artiste a donné sa propre interprétation des titres.« 

Cela signifie également que Davies s’est parfois incliné devant le choix des artistes. Il avait été initialement impressionné par la sélection de ses chansons opérée par The 88 pour leur CD « d’audition ». « Ils ont choisi des morceaux que peu de gens auraient choisi de jouer, des chansons que je n’ai pas jouées depuis longtemps. » Sur See My Friends, ils interprètent David Watts (de l’album paru en 1967 « Something Else », et dont The Jam a déjà fait une mémorable reprise) et remplissent le rôle occasionnel de groupe d’accompagnement.

Le leader des Pixies, Frank Black, « a choisi le ton » sur This Is Where I Belong (une face B datant de l’époque de « Face To Face », 1966), « et je l’ai laissé décider du style dans lequel on a fait la chanson. Là encore, il s’est agi d’aborder la chose avec une grande ouverture d’esprit. Il a fallu un peu lâcher les rênes…« . Cela est tout aussi évident sur la magnifique nouvelle version de Waterloo Sunset (également tirée de « Something Else ») enregistrée avec Jackson Browne : « c’était un casting pour le moins inattendu« , reconnaît Davies à propos de cette chanson à la quintessence toute londonienne. Mais Davies n’est pas difficile. Tout a été fait pour mettre en valeur ces nouvelles idées, ces nouveaux sons et ces nouvelles expériences. « J’ai ajouté un nouvel arrangement vocal autour de ce qu’a fait Jackson. Et le pont (« every day I look at the world from my window ») a été réalisé de manière unique. On y chante tous les deux. Un peu comme un truc sud américain ou mexicain. ». Ce voyage de globe-trotter à travers tous ces univers artistiques et sur des sentiers peu empruntés a été très excitant. East and West, la chanson de 1965 qui donne son titre au disque et dont Pete Townsend a dit qu’elle était plus innovante que Norwegian Wood des Beatles, a été écrite en partie à Bombay, mais aussi à Muswell Hill, et a ici été repensée avec Spoon, un groupe d’Austin que Davies a rencontré lors d’un concert du festival SXSW où lui et eux se sont produits cette année dans la ville texane.

« Je pense que les artistes ont tout donné« , dit Ray en connaisseur. « Les bons sont ceux qui n’étaient pas connus et qui venaient de nulle part, comme le morceau de Lucinda, dont beaucoup de gens ne savent pas qu’il s’agit qu’une chanson des Kinks. Et maintenant, on en a fait quelque chose en l’interprétant en duo. Elle lui appartient en partie, à présent. Avec un peu de chance, elle l’inclura dans son répertoire... C’est le truc avec ce disque : j’aimerais avoir l’impression que toutes les chansons qui le composent auraient pu faire partie du répertoire des artistes qui les interprètent. Et que je ne les ai pas forcés à les choisir.« 

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