Télé / Cinéma
Exposition Jean-Paul Belmondo : la Cinémathèque française célèbre “Bébel”
La Cinémathèque française consacre une grande exposition à Jean-Paul Belmondo du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
Jean-Paul Belmondo revient au premier plan de l’actualité culturelle française. À partir du 7 octobre 2026, la Cinémathèque française à Paris ouvre “Belmondo, le Magnifique”, une grande exposition consacrée à l’acteur disparu en 2021.
Archives personnelles, affiches, costumes, photographies inédites et extraits de films retracent une carrière de près de 90 longs métrages, tandis qu’une vaste rétrospective accompagne l’événement jusqu’au 31 janvier 2027.
Une exposition Jean-Paul Belmondo au cœur de la Cinémathèque française
Cinq ans après sa disparition, Jean-Paul Belmondo continue d’occuper une place à part dans l’imaginaire collectif français. La Cinémathèque française lui consacre à partir du mercredi 7 octobre 2026 une exposition d’envergure intitulée “Belmondo, le Magnifique”, présentée dans ses espaces de Bercy jusqu’au 31 janvier 2027. L’événement, dont le commissariat est assuré par Clémentine Deroudille, ambitionne de raconter à la fois l’acteur, la star et l’homme derrière l’une des filmographies les plus populaires du cinéma français.
La matière réunie dépasse largement une simple succession d’affiches de films. La Cinémathèque annonce notamment des archives personnelles, des costumes, des photographies inédites et de nombreux documents retraçant la trajectoire de l’acteur. Un parcours qui doit permettre de retrouver aussi bien le Belmondo de la Nouvelle Vague que celui qui s’est ensuite imposé comme l’un des principaux visages du cinéma populaire français.
Cette double identité constitue justement l’un des fils rouges les plus intéressants de son parcours. Peu d’acteurs français ont réussi à passer aussi naturellement d’un cinéma d’auteur exigeant aux immenses productions destinées au grand public, sans perdre leur identité en chemin.
De “À bout de souffle” aux grands succès populaires
Impossible d’évoquer Jean-Paul Belmondo sans revenir à “À bout de souffle”, réalisé par Jean-Luc Godard en 1960. Son personnage de Michel Poiccard contribue alors à imposer une nouvelle manière de jouer : plus libre, plus insolente et très éloignée des canons traditionnels du jeune premier. Pour la Cinémathèque, ce rôle fait de Belmondo l’un des représentants de cette jeunesse audacieuse associée à la Nouvelle Vague.
Mais ce qui distingue véritablement sa carrière est ce qui vient ensuite. Belmondo refuse de se laisser enfermer dans un seul territoire artistique. Il tourne avec Jean-Pierre Melville, Philippe de Broca, Henri Verneuil, Claude Lelouch ou encore Gérard Oury et passe du polar à la comédie, du drame à l’aventure avec une facilité rare.
À certaines périodes, le rythme devient vertigineux. La Cinémathèque rappelle qu’il lui arrive d’enchaîner jusqu’à huit films au cours d’une même année. Au total, sa filmographie approche les 90 longs métrages.
Au fil des décennies, des œuvres comme “Pierrot le Fou”, “Le Doulos”, “Un singe en hiver”, “L’Homme de Rio”, “Le Magnifique”, “Le Professionnel” ou encore “L’As des as” ont construit une image qui dépasse progressivement celle du simple acteur. Belmondo devient “Bébel”, l’une des rares stars françaises dont le prénom et le visage suffisent à évoquer tout un pan du cinéma national.
Cascades, élégance et liberté : comment Belmondo a fabriqué son propre mythe
L’exposition entend également revenir sur une autre dimension majeure de cette carrière : la dimension physique de son jeu. Ancien boxeur et sportif accompli, Jean-Paul Belmondo a construit une partie de sa légende en réalisant lui-même de nombreuses cascades.
Courses sur les toits, poursuites, voitures, motos ou scènes suspendues à plusieurs mètres du sol : son goût du risque est progressivement devenu une composante essentielle de son image. La Cinémathèque considère d’ailleurs que cette manière d’associer performance athlétique et jeu d’acteur a contribué à renouveler la figure de l’homme d’action à l’écran.
L’intérêt de “Belmondo, le Magnifique” est précisément de ne pas réduire cette carrière aux seules cascades. Le même acteur pouvait apparaître désinvolte chez Godard, sombre chez Melville, burlesque chez de Broca ou spectaculaire dans les grandes productions commerciales des années 1970 et 1980.
Cette capacité à naviguer entre plusieurs cinémas explique probablement pourquoi Belmondo conserve aujourd’hui encore une popularité dépassant largement la génération ayant découvert ses films en salles. Ses œuvres continuent d’être régulièrement diffusées à la télévision et certaines de ses attitudes, répliques ou silhouettes appartiennent désormais à une mémoire collective du cinéma français.
Une rétrospective de 35 films accompagne “Belmondo, le Magnifique”
L’hommage ne se limitera pas aux salles d’exposition. Du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027, la Cinémathèque française programme également une importante rétrospective Jean-Paul Belmondo composée de 35 films, permettant de parcourir les différentes périodes de sa carrière.
L’ouverture aura lieu mercredi 7 octobre à 20 heures avec la projection de “Le Magnifique”, réalisé en 1973 par Philippe de Broca avec Jacqueline Bisset et Vittorio Caprioli. Le choix est particulièrement cohérent : dans cette comédie, Belmondo joue à la fois l’écrivain François Merlin et son alter ego fantasmé, l’agent secret Bob Saint-Clare, détournant avec humour sa propre image de héros invincible.
D’autres rendez-vous suivront, notamment autour de “Le Doulos” de Jean-Pierre Melville. La programmation doit ainsi montrer l’amplitude d’une filmographie capable de relier les grandes années de la Nouvelle Vague au cinéma populaire spectaculaire.
L’exposition sera accessible à la Cinémathèque française, 51 rue de Bercy à Paris, au tarif plein de 14 euros, avec des tarifs réduits pour les 18-25 ans et les moins de 18 ans. Des visites guidées seront également proposées les week-ends.
Plus qu’une célébration nostalgique, “Belmondo, le Magnifique” devrait surtout permettre de mesurer ce qui rend Jean-Paul Belmondo toujours aussi difficile à classer. Acteur d’auteur devenu superstar populaire, comédien capable de jouer avec sa propre image tout en réalisant des prouesses physiques rarement associées aux vedettes françaises de son époque, il aura traversé plusieurs générations de cinéma sans jamais appartenir entièrement à une seule.
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