électro
Vitalic enfin en live, avec V-Live
Un rave éveillé
Tel un Kerouac de l’électroclash « hard step », tel un De Palmas qui aurait troqué sa guitare pour une Roland 909, Vitalic, depuis 2002, est sur la route. Et de cette route, de ces milliers de live éphémères, il reste enfin une trace, V-Live. Plus qu’un carnet de bord, il s’agit là d’un instantané, une tranche de Vitalic, enregistrée le 27 octobre 2006 à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Rythmiques survitaminées, sonorités surannées, public survolté font de ce V-Live une véritable machine à remonter le temps pour vivre cet instant de rave comme si vous y étiez.
Mais qui est Vitalic ? Ses plus fidèles fans le savent. Ils savent que de son vrai nom Pascal Arbez, Vitalic est dijonnais, bercé aux vinyles de Giorgio Moroder de son père disc-jockey et à la new-beat de Confetti’s et d’Inner City. Influencé d’abord par la hard trance allemande de Sven Väth, puis par la house américaine de Green Velvet, il passe aux machines boosté par l’amour du public pour Laurent Garnier et les Daft Punk. Mais les autres, ceux qui l’ont découvert avec son premier album Ok Cowboy, en 2005, vendu à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde, ne connaissent toujours pas réellement Vitalic. Et ce n’est pas en allant le voir en live, sur la tournée dont ce V-Live est issu qu’ils auront eu leur réponse.
Vitalic apparaît caché derrière un grand voile blanc translucide sur lequel viennent s’entrelacer des images fractales, industrielles et psychédéliques. A son ombre chinoise s’ajoute, de part et d’autre de la scène, le visuel de son album où on ne le voit que de loin, sur un escalier en colimaçon. Austère, secret, mystérieux Vitalic. Pourtant c’est fou ce qu’on a l’impression de le connaître, lorsque les premières notes de V-Live retentissent, avec Polkamatic, entrée en matière, polka au second degré, tintée d’orgues de barbarie. Même chose quand au milieu du set survient La Rock, titre qui lui a permis d’exploser les dance-floor au début des années 2000. Idem aussi alors que le gimmick du tubissime My Friend Diario enflamme les teufers belges au sommet de leur hystérie mais qui ne savent pas encore qu’ils arrivent déjà presque à la fin du voyage.
Si OK Cowboy fut une petite révolution dans le monde de l’électro, à sortie, démocratisant les sonorités rave aux oreilles du grand public, le V-Live de Vitalic, son ambiance puissante et intense et ses petites imperfections, est le meilleur live, à ma connaissance, permettant de goûter réellement à l’ambiance des énormes soirées électro. Celles où se côtoient les purs et les impurs, les néophytes et les connaisseurs, les punks à chien, les roots, les rockeurs en mal de fête, les banquiers et les ouvriers, tous réunis autour du simple plaisir d’être là, de se prendre du bon son, des décibels, en laissant sa véhémence au vestiaire. De quoi mettre l’eau à la bouche en attendant le prochain passage de Vitalic près de chez soi.
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