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Tiken Jah Fakoly Dernier Appel

Tiken Jah Fakoly lance son dernier appel

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Tiken Jah Fakoly dernier appel d'un humaniste

Le 2 juin prochain sortira « Dernier Appel », le plus panafricain et le plus universel des albums de Tiken Jah Fakoly.

Dans « Dernier Appel », on perçoit d’abord l’urgence, puisque l’Afrique dont Tiken Jah Fakoly est le fils messianique, vit encore au rythme des guerres et des coups d’état comme en témoignent les récents conflits au Mali, au sud Soudan, en Centrafrique. En prenant dans la chanson titre, et premier single, l’avion pour métaphore, Tiken met en lumière une situation qui tarde à s’améliorer et place chacun devant ses responsabilités. En clair, il n’y a plus de temps à perdre. C’est maintenant ou jamais. Maintenant que ce continent, qui a toutes les cartes en main pour réussir, démographie et richesses naturelles, doit décoller. Ou alors il lui faudra endurer longtemps encore misère et chaos. Telle est la thématique traversant cet album. Tel est le message profond décliné dans L’Afrique, Le Prix du Paradis, Too Much Confusion et Diaspora, ces deux dernières marquées par les contributions de Patrice et d’Alpha Blondy. Comme si Tiken tenait à souligner que face à ce défi, la mobilisation de toutes les forces et de tous les talents était indispensable. Assez des divisions. Et assez des préjugés qui partout nourrissent les haines, comme le suggère Human Thing où se distingue la voix d’une autre visiteuse de prestige et d’aura, Nneka.

« Dernier Appel » : Un album humaniste

Mais que vaudrait au juste la parole d’un Tiken Jah Fakoly chanteur engagé si celui-ci oubliait en chemin sa part d’humanité. Celle qu’une chanson comme Tata, en souvenir de ce premier amour disparu, montre avec pudeur. Celle qu’il révèle de façon toute aussi bouleversante dans Saya en évoquant la mort comme seul un Africain est en mesure de le faire, car plus souvent confronté à elle qu’ailleurs : sans dramaturgie mais avec cette humilité de l’enfant nu face à l’inéluctable. De ces deux splendides complaintes, on retient la texture acoustique dominée par les instruments traditionnels mandingues respectueuse de l’intimité épanchée. Ailleurs, notamment dans Too Much Confusion, c’est un nouveau Tiken, en mode soul orchestrale façon Curtis Mayfield, qui vient s’adosser à celui que l’on connaît, aussi solidement enraciné dans le reggae à la roots qu’un baobab centenaire l’est au cœur de la brousse.

Enregistré entre Bamako et Paris, « Dernier Appel » passe ainsi par toutes les tonalités et les humeurs, épouse les couleurs de l’arc-en-ciel comme pour mieux révéler la flamboyante clameur d’un continent et d’un peuple en mal d’existence. Avec en point d’orgue joyeux et dansant, entonné avec Nneka et Patrice, ce medley où War Ina Babylon, classique du jamaïquain Max Romeo, fusionne avec Give Peace A Chance, célèbre mantra pacifiste de John Lennon. Comme un ultime symbole, comme le sceau royal qu’appose cet artiste, géant d’Afrique, qui n’ignore rien de la violence d’un monde perpétuellement à feu et à sang pour l’avoir subit dans sa chaire et qui pourtant persiste, encore et toujours, à choisir l’amitié à la guerre.

LES ALBUMS DE TIKEN JAH FAKOLY SONT DISPONIBLES ICI

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