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Booba porte plainte contre Anyme : leur conflit prend désormais une tournure judiciaire
Le rappeur Booba annonce une plainte pour diffamation contre le streamer Anyme. Retour sur l’origine du conflit.
Booba a indiqué lundi 28 septembre avoir déposé une plainte en diffamation contre Anyme. Le rappeur conteste avoir adressé des menaces au streamer, qui avait évoqué durant le ZEvent un message lui conseillant notamment de faire attention à ses déplacements à Paris.
Après plusieurs mois de tensions publiques, l’affrontement entre les deux hommes quitte ainsi le seul terrain des réseaux sociaux pour entrer dans une nouvelle phase judiciaire.
Booba annonce une plainte en diffamation contre Anyme
Le conflit entre Booba et Anyme connaît un nouveau développement. Lundi 28 septembre au soir, Booba a indiqué avoir déposé une plainte en diffamation contre le streamer de 23 ans, Maxence Turlot de son vrai nom. Jusqu’à présent, leur opposition s’était principalement exprimée à travers des publications sur les réseaux sociaux et des prises de parole publiques. L’intervention de la justice change désormais la nature de l’affaire.
Cette plainte fait suite à des déclarations d’Anyme pendant le ZEvent organisé au début du mois de septembre à Montpellier. Interrogé sur ses relations avec Booba, le streamer avait raconté avoir reçu un message qu’il interprétait comme menaçant. Selon son récit, il lui aurait notamment été indiqué que ses sorties à Paris ne seraient plus les mêmes et qu’il devrait regarder derrière lui. Booba avait rapidement contesté cette version, affirmant sur X ne pas se souvenir d’un tel message et invitant Anyme à le rendre public.
Le 28 septembre, le rappeur a franchi une étape supplémentaire en publiant un communiqué de ses avocats. Ceux-ci affirment qu’Élie Yaffa, le nom civil de Booba, n’a jamais tenu de propos menaçants envers Anyme. Le rappeur a accompagné cette communication du mot “RECADRER”. Il s’agit à ce stade de la position de Booba et de ses conseils : le dépôt d’une plainte ne permet évidemment pas de conclure que les propos d’Anyme sont juridiquement diffamatoires. Cette qualification éventuelle appartient à la justice.
Un conflit qui remonte bien avant le ZEvent
L’épisode du ZEvent ne constitue en réalité que la dernière séquence d’un différend déjà ancien. Les tensions entre Booba et Anyme étaient clairement apparues plusieurs mois auparavant et avaient pris une ampleur particulière au début de l’été, lors du festival Les Ardentes en Belgique.
Booba devait se produire le 4 juillet aux Ardentes mais avait annulé sa participation moins de vingt-quatre heures avant son concert. Le rappeur avait alors directement critiqué la présence de streamers et d’influenceurs dans l’environnement du festival. Dans l’un de ses messages, il avait notamment publié une image d’Anyme pour illustrer ses reproches envers cette évolution de la programmation.
L’opposition entre les deux hommes était toutefois encore plus ancienne. Le Parisien rappelait au moment de l’affaire des Ardentes qu’en décembre 2025, Booba avait déjà publiquement critiqué Anyme sur X après une polémique impliquant le streamer. Ces échanges montrent que le conflit n’est donc pas né d’une seule déclaration au ZEvent, mais s’est progressivement installé au croisement de deux univers devenus de plus en plus proches : celui du rap français et celui du streaming.
Le ZEvent a ensuite remis leur relation sous les projecteurs. Anyme y a reparlé publiquement de Booba devant une audience particulièrement importante. Selon les données publiées après l’événement, le streamer a atteint cette année-là un record d’audience sur sa chaîne, ce qui a considérablement amplifié la portée de ses déclarations. Le conflit, auparavant essentiellement suivi par leurs communautés respectives, a dès lors pris une dimension médiatique beaucoup plus large.
La justice devra déterminer si les propos relèvent de la diffamation
La question juridique est désormais distincte du conflit personnel entre les deux hommes. En droit français, la diffamation consiste à imputer publiquement à une personne un fait précis susceptible de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. La procédure relève de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et obéit à des règles spécifiques, notamment concernant les délais et les moyens de défense.
Dans ce dossier, le point central devrait donc porter sur la manière dont Anyme a présenté le message qu’il affirme avoir reçu et sur la capacité des différentes parties à établir précisément ce qui a été envoyé. Booba conteste avoir formulé une menace. Anyme, de son côté, avait relaté publiquement ce qu’il disait avoir reçu et la manière dont il l’avait compris. Ces deux versions devront être distinguées des faits que la procédure permettra éventuellement d’établir.
Il faut également rappeler qu’Anyme bénéficie de la présomption d’innocence. L’annonce d’une plainte marque le début possible d’un processus judiciaire ; elle ne constitue ni une condamnation ni même la garantie qu’un procès aura lieu. Selon la suite donnée au dossier, les propos pourront être examinés par la justice, qui déterminera seule s’ils répondent ou non à la définition pénale de la diffamation.
Booba et Anyme, symbole du rapprochement entre rap et streaming
Au-delà de la procédure, cette affaire illustre également une transformation beaucoup plus large du paysage culturel français. Les frontières entre rap, Twitch, YouTube et influence sont désormais particulièrement poreuses. Des streamers sortent des morceaux, des rappeurs interviennent régulièrement dans les débats qui agitent les créateurs de contenu et les grands festivals cherchent à attirer plusieurs communautés à la fois.
Anyme représente précisément cette nouvelle génération de personnalités dont l’activité dépasse largement le streaming. Sa présence aux Ardentes s’inscrivait dans cette évolution, alors que Booba défend de son côté une conception beaucoup plus stricte de la séparation entre artistes et influenceurs. Son annulation aux Ardentes avait d’ailleurs été présentée par le rappeur lui-même comme une réaction à la place accordée à ces nouveaux profils dans le festival.
L’affaire actuelle donne donc une nouvelle dimension à un conflit qui était jusque-là essentiellement culturel, médiatique et personnel. Les publications sur X et les déclarations en direct ont désormais produit une conséquence judiciaire concrète. À ce stade, l’élément nouveau est uniquement celui-ci : Booba affirme avoir déposé plainte contre Anyme pour diffamation publique, tandis que les faits à l’origine de cette procédure restent contestés entre les deux hommes.
La prochaine évolution dépendra donc des suites données à cette plainte. Toute nouvelle déclaration de l’un des deux protagonistes, publication du message litigieux ou décision judiciaire pourrait modifier substantiellement la compréhension de l’affaire. En l’état, il serait prématuré d’aller plus loin que les éléments effectivement confirmés.
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