Scène française
Gaëtan Roussel de retour avec « Orpailleur »
Gaëtan Roussel sort son deuxième album
Alors qu’on célébrait en parallèle le quinzième anniversaire d’un disque, le premier Louise Attaque, qui a tant influé sur le cours des choses, Gaëtan Roussel persistait à regarder devant lui en composant les onze nouvelles chansons aujourd’hui dévoilées, pour un deuxième album sous son nom qui amplifiera encore son influence sur la scène française contemporaine.
En même temps qu’un prolongement des euphories de « Ginger », ce nouvel album recentre un peu plus le propos sur son auteur, ayant ceci de différent qu’il fut enregistré à Paris, sans recours à des invités, et chanté quasiment qu’en Français. Ce léger changement de ton, on le doit notamment à une rencontre avec Pierre-Dominique Burgaud, auteur entre autres de la comédie musicale Le Soldat Rose et du remarquable Une vie Saint Laurent avec Alain Chamfort. Leurs échanges présideront à l’écriture de plusieurs textes clés de l’album, à commencer par le single Éolienne. Roussel a pioché dans l’immense réserve de textes de son partenaire des phrases, des tournures, des mots isolés, qui mélangés aux siens et malaxés à quatre mains paraîtront taillés sur mesure. La Simplicité qui ouvre l’album, La Barbarie qui le clôture, ou encore ce Poésie qui le perce à jour, sont autant d’exemples de leur parfaite coagulation. Gaëtan Roussel a écrit seul le reste, mais sous l’influence de cet échange remarquable, porté par le même influx.
« Co-écrire m’a rendu plus libre que dépendant », dit aujourd’hui celui qui avait déjà connu avec Alain Bashung, notamment sur Le Secret des banquises, le même type de relations textuelles. Musicalement, Gaëtan a choisi d’emboîter le pas victorieux de « Ginger » en collabo rant une nouvelle fois avec Benjamin Lebeau de The Shoes et avec le producteur Julien Delfaud (Woodkid, Phoenix…), car assurément ces trois-là n’étaient pas parvenus au bout de toutes leurs idées.
Parmi les nouvelles explorations, on notera une plongée dans les remous dila tés du dub (Par-dessus tes épaules, Poésie, We Will Be Strong), une grammaire sonore apprise autant chez Clash qu’à travers la relecture futuriste qu’en fit Massive Attack. Gaëtan Roussel procède ici comme toujours par frictions et contorsions, rompant avec la linéarité d’écri ture qui caractérise trop souvent le rock français. Derrière Orpailleur, la chanson, on croirait voir flotter l’ombre de Dr John et ses « Gris-Gris » vaudous. Un titre comme Matrice nous embarque dans une folle machinerie sonore alors qu’au contraire Hum Hum Hum surprend par ses calmes transparences et la langueur aquatique de sa production. Face aux étoiles se propage comme une onde boréale portée par une pulsation qui vient glisser comme par miracle à l’intérieur de We Will Be Strong pour un fascinant dyptique en trompe-l’oeil.
L’énergie éolienne qui ali mente l’ensemble de ce disque aérien et parfois orageux possède bien de quoi galvaniser l’automne et l’hiver prochains tout en promettant de durer longtemps et faire de lui un classique hors saison. Les albums de Gaëtan Roussel sont disponibles sur iTunes et Amazon !
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