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Openair Frauenfeld 2018 : The Real Slim Shady en Suisse

L’openair Frauenfeld a été remplie en 24 heures grâce à Eminem. L’occasion pour Zikeo de revenir sur cet évènement.

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Revivez le concert d'Eminem à l'Openair Frauenfeld
Crédit photo : Jeremy Deputat

L’édition 2018 de l’Openair Frauenfeld a été remplie en 24 heures. Eminem a du vendre 98% des places seul. L’occasion inopportune pour le festival d’augmenter son coût, et de profiter d’un parc qui serait, n’importe comment, prêt à payer pour voir (et même revoir) ce Real fucking Slim Shady. Les 3 annulations, dont celle d’Action Bronson très regrettée, n’ont freiné personne.

La rédaction a commencé son festival sur une jeune tête croisée en 2017 : Lil Uzi Vert. Son concert avait été trop court, lui introverti et peu confiant. Mais le cru Lil Uzi Vert de 2018 est fameux. Upgradé sur la grande scène, le fougueux de 23 ans originaire de Philly, a embrasé l’hippodrome. Fort de son succès, Lil Uzi Vert a produit un vrai concert, bien composé et rythmé ; bien plus facile quand on a des morceaux.

Désolée pour l’image trop facile et hyper niaise mais il a vraiment déferlé sur scène comme une tornade qui a fait virer tout le monde. Pas d’autre image plus parlante en stock. En l’espace d’une année, la métamorphose est violente. Comme s’il n’était pas la même personne.

Plein d’assurance artistique, d’énergie scénique, relooké au cuir SM, plus vaillant, assumant, Lil Uzi Vert a éclos pendant sa vingt-troisième année, certains disent avec playback et d’autres sans.

Le parc s’est saturé aussitôt pour Eminem. Le regret amer de l’absentéisme d’Action Bronson est oublié. La scène reproduisant Détroit apparaît et le public se durcit : il ne sera plus possible d’approcher. Les places sont chères. Et ainsi Eminem a fait plaisir à tout le monde, ceux d’avant, d’avant avant et d’aujourd’hui, avec son symphonique puissant. Il a peut-être cependant lésiné pour ceux d’avant avant déçu de n’entendre qu’un medley en 3 minutes top chrono de The Real Slim Shady, Without Me et My Name Is.

Toujours aussi impeccable et authentique dans son rap, accompagné de choristes de qualité se substituant humblement à une Rihanna, Eminem a servi un spectacle de monstre sacré toujours un peu siphonné qu’aucun puritanisme chrétien ne saurait atténuer. Dommage qu’il n’est pas mieux remercié son orchestre qui tient une place importante dans le show.

Le set est rodé, malheureusement pas comme les micros qui se permettent encore d’être mal réglés à un niveau de prestation aussi élevé. Les variations étaient pesantes, et parfois, on entendait mieux son backeur ou ses choristes. On se demande bien de temps en temps dans quel état se trouvent les écoutilles de certains ingé son.

Eminem a terminé sa scène avec un rappel flamboyant et mais pas trop long sur Lose Yourself, qui a ému la plupart, fait pleurer certains mais touché chacun.

La journée du samedi s’est vraiment lancée avec Lil Xan que tout le public sous Xanax et en deuil de XXXTentacion attendait. Lil Xan, encore un rappeur fort sympathique mais à qui la rédaction ne donnerait pas le bain, a offert ce qu’il pouvait, aussi défoncé qu’il était.

Et ce qu’il a donné était de qualité, bien que court, accro à l’image de jeunes aux allures de Calimero parfois. Entre hommages à X entêtants et pogos délirants, Lil Xan a profité de ce que le public jetait sur scène, ambiance apéro vert et canicule. Il a jeté le feu sur la foule pendant aussi longtemps qu’il a lâché la rampe. Pas de quoi le bannir du hip-hop jeu non plus. Rien ne sert de forcément traduire Lil Xan mais se lâcher sur ses prods très lourdes est à l’évidence un truc à faire.

A la suite, Ty Dolla $ign a lui aussi offert une scène de qualité. Hyper communicatif, plein de bougeotte et de légèreté, le Tyrone de L.A. a construit tout bonnement son set comme un acte sexuel « standard ». De la malice, de la séduction, du romantisme, de l’action, et une fin gentiment violente comme une jouissance. Un peu de playback bien fait, une atmosphère détente le sourire scotché aux lèvres : rien de mieux pour cette après-midi cheesy.

Le pogo final sur fond d’images trash était l’amuse-gueule des suivants à rejoindre sur la petite scène. Une petite scène qui a tout d’une grande avec son ambiance plus intime, malgré le peuple, et qui s’apprêtait à recevoir le dernier gros coup de bambou de cette édition.

L’un des noms les plus attendus de cette fin de festival, Denzel Curry, a fait le travail que le public attendait de lui avec quelques surprises en plus. Punk mais pas à chats, il a porté l’allumette aux poudres, et a libéré le public de son rap puissant et épileptique. Un morceau de System Of A Down que peu de jeunes gens connaissait a ravi les plus anciens du parc.

Impressionnant techniquement et concentré, dans un joyeux bordel organisé, Curry s’est montré généreux en ponctuant son set de messages optimistes sans mignonneries et motivés. L’un des meilleurs concerts du week-end.

Si on l’attendait pour finir en beauté, direction le lit en pyjama de velours parce que Wiz Khalifa n’a pas du tout vendu du rêve. Mais alors pas du tout. C’était un joli crash. Pour une tête d’affiche du samedi, le concert n’avait aucun d’intérêt. Wiz Khalifa ne donne rien, et reçoit donc à peine de la part de ce public soudain avare en clameur. Il ne s’intéresse pas à la scène, ni à la légion devant ses yeux. Wiz Khalifa fait les choses machinalement.

Le festival aurait pu s’achever sur quelque chose de festif et de frais, mais les écrans multicolores ne suffisent pas quand les réputations collent à ce point au derme. Ce samedi-là même le playback était raté. Des défaillances techniques « graves » ont assumé le pot rose complet et personne n’a rappelé l’artiste parti sans même un peu d’esbroufe pour remercier.

Une bonne édition qui entre dans l’histoire locale pour Eminem revenu plus de 10 ans après, pour un Revival qui inquiétait tant mais dont la tournée peut correspondre à tous. Outre les flops de stars qui ont trop mangé le melon, Migos, Joey Badass, Lil Uzi Vert et Denzel Curry notamment ont aussi sauvagement marqué les mémoires. Les paris sont lancés pour la prochaine édition. Les plus superstitieux croisent leurs doigts pour Drake en 2019.

LES ALBUMS D’EMINEM SONT DISPONIBLES SUR ITUNES ET AMAZON

Née le même jour que Jay-Z, vingt ans après, Ana se plaît à rêvasser qu’elle finira par boire des diabolos grenadine avec lui et Booba au PMU du coin. Après tout, pourquoi leur point commun - le signe du Sagittaire - ne pourrait pas les réunir. Quand vous la verrez débouler dans la place avec sa wunderbike turquoise, son cuir vieilli et sa mentalité blouson noir, vous n’en douterez plus.

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