Scène française
Le concert surprise de Détroit
Bertrant Cantat perd sa voix sur une folle envie
Hier, 1er décembre 2014, annonce surprise d’une date supplémentaire à la Maroquinerie de Paris sur la page Facebook officielle de Détroit : « Surprise !!! Une folle envie de rejouer dans un club avant le Zénith de Paris, places en vente à 14 heures« .
Débutée en avril, Bertrand Cantat et Pascal Humbert, accompagnés de Niko Boyer, Bruno Green et Guillaume Perron, ajoutent donc une date supplémentaire à leur tournée, pourtant déjà chargée, à quelques jours de leur dernier Zénith prévu à Nantes le 13 décembre.
Folle envie ? Envie d’un retour aux sources pour une intimité qui n’est plus si présente dans les Zéniths ? Ou une éventuelle addiction aux applaudissements ? Mystère…
Cette date, presque immédiatement complète à la mise en vente des places, est en tout cas ajoutée, à la veille d’un Zénith de Paris, également « Sold Out », très attendu par le public de la capitale. Quelques 500 privilégiés ont donc pu assister hier soir à un concert très écourté. Devant l’auditoire, l’atout principal de Cantat, sa Voix, a été mise à l’épreuve. « Y a un virus de ‘je sais pas quoi’ qui m’est tombé sur la tronche. Je le maudis, mais on est quand même heureux d’être là« . A vouloir trop en faire, à tirer sur la corde, vocale cette fois, l’extinction des feux a eu lieu prématurément en raison de l’extinction de sa voix. Dommage ! Ils auront quand même eu le temps de jouer Un jour en France , reprise de Noir Désir, sans doute le morceau le plus engagé politiquement de la setlist. Actualisée avec « quelques fascisants autour de 25% », jouée depuis la Cigale début juin, au lendemain des élections européennes. Morceau introduit à différents concerts par : « Attention.. A la bête blonde, qui monte, qui monte…« .
Cependant, la reprise de Hey Hey , My My, de Neil Young n’a pas résonné hier soir dans les oreilles du public, pas plus que Tostaky, ou Comme elle vient, ou d’autres titres, initialement prévues sur la setlist. Une phrase, tirée du morceau de Neil Young, citée par Kurt Cobain dans sa lettre de suicide en 1994, « It’s better to burn out, than to fade away », n’a donc pas été chantée la nuit dernière. Pourtant, Cantat connaît la chanson… A l’envers, à l’endroit. Et à l’envers, cette phrase aurait pu sonner comme un conseil. Parfois, it’s better to fade away, than to burn out.
Ce soir, comme un « déjà-vu », les cordes vocales de Cantat frôlent le burn out, après des mois d’une tournée triomphale, mais physiquement éprouvante. Cette « folle envie » était peut-être déraisonnable. Ou pas… Espérons pour Détroit et surtout pour le public du Zénith parisien qu’il retrouve sa voix. Cette Voix, cet instrument, cet outil, cette portée. Cette Voix entendue et écoutée par des milliers de personnes depuis des mois, mais aussi des années. Espérons que demain, elle résonne et raisonne. Et demain, ça n’est pas seulement le Zénith de Paris. En pleine période de l’Avent, là, nous sommes Avant. Demain, c’est aussi 2017.
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