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Snoop Dogg Tha blue carpet treatment
Snoop Dogg présente son nouvel album
Retour en forme du chien fou, qui livre ici son meilleur album depuis des années.

Depuis son éclosion en 1992 sur le mythique opus de Dr. Dre, The Chronic, Snoop a livré huit albums en s’adaptant à toutes les modes (souvenez-vous de ses débuts douloureux chez les Sudistes du label No Limit avec l’album Da game is to be sold, devenu culte dans le mauvais sens). Sans compter les nombreuses compilations, mix tapes, albums non officiels et featurings à la pelle. En parallèle, le bonhomme dont on ne peut nier le charisme est devenu une véritable icône planétaire et marketing, avec émissions de télé à son nom, figurines, contributions (habillées, faut pas déconner) à des films porno et autres blockbusters (Training Day, Starsky et Hutch). Bref, La star par excellence, dont les quelques ennuis judiciaires sont presque devenus un atout dans la propagation de son image de mauvais garçon nonchalant (procès pour complicité de meurtre à ses débuts, arrestation très récente pour détention de marijuana, coke et arme à feu).
Derrière tout ça, reste l’artiste prolixe, qui sort ses albums avec une régularité rare à ce niveau. Et le dernier d’entre eux est très très bon, ce pour plusieurs raisons. De manière générale, l’album est son meilleur depuis Tha last meal (2000), étant comme celui-ci à la fois complet, varié et original. Les deux derniers disques du Dogg avaient pour particularité de noyer six ou sept gros tubes (ce qui est déjà pas mal) dans un ensemble bancal, avec pas mal de morceaux un peu bâclés. Ici, même les pistes disons « secondaires » sont de grande qualité, permettant à Snoop de se la jouer introspectif et misogyne, comme à son habitude (Round here, Think about it).
Ses camarades de jeu des années 2000, les Neptunes, ne sont présents que sur deux morceaux, le hit Vato (avec B-Real et un clavecin) et le rigolo 10 lil crips, qui conte la guerre des gangs de L.A. selon Agatha Christie (faut imaginer). Imagine, d’ailleurs, avant-dernier morceau de l’album, est superbe, avec deux bonnes nouvelles pour les fans de musique. Dr. Dre a beau repousser sans cesse la sortie de son D-Tox, il continue de produire des trucs interessants, avec les eternels claviers à la fois minimalistes et prétentieux. Et le refrain du morceau est chanté par…D’Angelo. Oui, vous avez bien lu, le crooner de l’album Voodoo, qui avait failli mourir l’an passé après un accident de voiture et qui n’avait rien sorti depuis six ans à cause de nombreuses gourmandises néfastes. Et tout l’album est rythmé par une brochette de featurings impressionnante : Stevie Wonder, George Clinton, Ice Cube, Nate Dogg, Timbaland, Akon (deux fois), Damian Marley et Jamie Foxx. Ne ratez pas non plus le dansant LAX avec Ice Cube, ou le crasseux Don’t stop. Et si Snoop sort encore des trucs pareils, les stars risquent de continuer à faire la queue pour poser avec lui.
Geffen (novembre 2006)
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