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Nekfeu flamboyant au closing du 27ème Paroles et Musiques

La 27eme édition du festival Paroles et Musiques s’est achevée sur un plateau éclectique à l’image de la ville.

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Nekfeu flamboyant au closing du 27eme Paroles et Musiques

La 27eme édition du festival Paroles et Musiques à Saint-Etienne s’est achevée sur un plateau éclectique à l’image de la ville. Eddy de Pretto, Jain et le rappeur Nekfeu ont bizarrement partagé cette scène poussiéreuse (au sens propre) de la Grande Prairie, en trouvant chacun oreille à son style. Pourquoi pas ; incongru et chouette.

Le festival n’a plus rien à prouver en terme de musique française. A nouveau, la programmation rivalisait de pointures bien actuelles en tout genre : Shaka Ponk, Bigflo & Oli, Hollydays, Vianney ou encore Louane. Il y avait aussi des talents prometteurs du coin dont Zikeo a déjà parlé : Tracy de Sá.

Pour la fermeture, a été servi un buffet « familial ». On imaginait chacun des membres de la famille venir sur la Grande Prairie pour faire son petit marché sonore.

Eddy de Pretto, parachuté il y a quelques mois dans les charts, a commencé son concert avec une sorte de nonchalance qui se veut libérée mais qui reste coincée.

Eddy de Pretto chante bien. Très bien. Il chante mieux qu’un paquet d’artistes juste bien produits, et qui n’ont pas plus de voix qu’un chameau n’a de groove. De Pretto est bien produit aussi, il est bien conseillé, l’image est maîtrisée, peut-être trop d’ailleurs.

Ce concert manquait terriblement de spontanéité. Un indice sur ce jeune homme qui cherche à se prouver quelque chose ce dont sa belle plume témoigne.

L’artiste est dans une sorte de vortex où chaque vague se ressemble ; un peu trop lisse cet album, un peu trop rabâché. Enfin, on lui souhaite que ça marche, qu’il soit en paix avec lui-même, pour qu’il puisse se libérer vraiment. Eddy de Pretto pourrait sortir de ce trop plein contemplatif et libérer son public de la passivité.

Jain a ensuite donné un set très beau esthétiquement parlant. Une belle scéno, technique, futuriste : l’effet était complet. Toutefois le génie du design scénique ne saurait cacher la redondance infernale.

Certes, Jain a une patte, c’est bien ce qui la qualifie et la rend unique comme artiste, mais tous les sons se ressemblent, toutes les paroles coloriées d’enthousiasme doublées de messages niais sur l’existence se ressemblent, tous les drops se ressemblent. Ainsi, le divertissement marche. Qu’est-ce qu’on peut vouloir de mieux sur la route des vacances. Chapeau bas à Jain pour faire ses scènes seule.

Le festival s’est clôturé sur Nekfeu, le gamin torturé des squares parisiens devenu un monument du rap français. Le programme annonçant 1h30 de concert laissait bien entendre qu’il ne serait pas seul.

Backé par un Doums plus fort pour mettre l’ambiance que pour rapper des banalités lassantes sur le joint, Nekfeu était entouré de sa fidèle bande de potes du S-Crew dont les talents ne se valent pas tous, mais qui savent indéniablement, tous liés, rendre dingue leur public.

Nekfeu a donné un concert déchainé et déchainant, où tout s’équilibrait idéalement : la complicité avec son équipe, l’enchaînement du set, l’énergie débordante, la communication avec le public, et le lâcher-prise d’un artiste qui sait parler d’universalité sans perdre ni sa culture ni sa propre identité.

Le rappeur a savamment mélangé des titres anciens et plus récents entonnés fiévreusement, avec les gros cartons du dernier album du S-Crew, et avec, pour finir, des temps-sons « promotionnels » des membres de son label Seine Zoo qui ne valent pas nécessairement le détour, mais qui ont su faire le travail.

Parce qu’il reste toujours quelques irréductibles gaulois à convaincre, Nekfeu n’est pas un rappeur à midinettes. Beaucoup de midinettes l’écoutent, parlons franchement. Cependant, il fédère de son énergie communicative et, surtout, de ses textes, en diffusant des messages positifs, que jeunes et moins jeunes peuvent adopter pour leur simplicité complexe, leur foi en la vie, leur soif de spiritualité, et la sincérité des émotions et des sentiments qu’on a tous ressenti ne serait-ce qu’une fois. Ajoutez à cela un brin de « show-off » emblématique du rap, et l’artiste continue à grandir avec un public de plus en plus varié ; on y croise moins de clones.

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