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Scène française

Renaud Molly Malone

Nouvel album Molly Malone

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Renaud <i>Molly Malone</I> 5

Renaud est de retour avec un nouvel album baptisé « Molly Malone » et revisitant la musique Irlandaise. L'Irlande méritait elle vraiment cela ? Ce pays n'avait il pas suffisament souffert récemment à cause de la France ?

th-renaud-molly-malone.jpgQuand, en 1991, Renaud enregistre La Balade nord-irlandaise, ses amis et ses fans ne s'y trompent pas : il existe entre l'artiste et l'Irlande une filiation manifeste. Le titre restera d'ailleurs un incontournable sur scène. Tout était déjà dans cette adaptation très personnelle de The water is wide, chanson traditionnelle reprise par Bob Dylan, Joan Baez, Neil Young et tant d'autres encore.

Depuis lors, Renaud confiera régulièrement à ses proches son désir de chanter l'Irlande. Les années passent, le projet mûrit, grandit dans un coin de sa tête, devient presque une arlésienne jusqu'à ce qu'enfin il voie le jour, après seize ans de gestation.

En octobre 2007, Renaud décide de concrétiser ce vieux rêve et d'enregistrer Molly Malone, son album irlandais, qui sera dans la lignée des albums comme Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes, Renaud chante Brassens ou Renaud cante el' Nord, où il rendait déjà un hommage aux hommes et aux terres qu'il aime.

Les musiques sont déjà là, certaines depuis plusieurs siècles, et la plupart ont fait leur preuve chaque vendredi soir dans les pubs de Dublin et d'ailleurs, ou bien sur scène avec des groupes de légende comme les Chieftains, les Dubliners ou les Fureys. Pourtant, quand pour la première fois on entend Renaud fredonner les ébauches de ses chansons irlandaises, comme ça, au coin d'une table, on est saisi par une impression troublante : cela lui ressemble tellement que les mélodies semblent avoir été écrites pour lui, par lui. Mais est-ce si étonnant ? Ce petit chanteur de rue, forçant l'accent titi parisien, ne fut-il pas, au fond, autant influencé par les protest song-writers anglo-saxons que par les géants de la chanson française ? Qui n'a jamais remarqué, caché derrière l'accordéon parisien, l'accent folk de ses tout premiers albums ? Renaud étant fan de Dylan, la musique irlandaise a déjà fait un détour en pays yankee avant d'arriver jusqu'aux oreilles du « bluesman » de la Porte d'Orléans.

Côté textes, il faudra plus d'un an (c'est un peu long) de travail à Renaud pour adapter les treize titres qu'il a choisis. Mêlant adaptation fidèle et réinterprétation grotesque, il pense s'approprier la substantifique moelle de ces classiques de la musique irlandaise. Tout en conservant leur sens et leur rythme originels, ces titres deviennent du Renaud, et c'est déjà assez pour se tirer une balle dans la tête. M'enfin soyons cool, maintenant on va dire du bien de cet album raté… Lisez bien entre les lignes, Zikeo.com pense le contraire ! Les deux univers se marient si bien que les deux champs lexicaux ne font plus qu'un : liberté, amour, révolte contre l'oppression, mélancolie, exil, affection pour le petit peuple et les petits brigands… Dans Belfast Mill, on retrouve la nostalgie du monde ouvrier et on revoit presque le paternel se demandant, alors que l'usine a fermé, ce qu'il va faire de son bleu. Dans Adieu à Rhondda (qui, bien que chantée par de nombreux irlandais, fait en réalité référence au Pays de Galles), on s'attache à ces mineurs rêvant d'ailleurs, ceux-là mêmes que Renaud côtoyait déjà en chantant le Nord en 1993. Dans Dubliners, c'est l'amour de la ville et de ses quartiers populaires. Et l'inanité de la mort d'un jeune garçon fauché par la guerre dans Willy McBride ne fait-elle pas écho au Morts les enfants de l'album « Mistral gagnant » ?

Au final, ces treize titres ne sont pas seulement un hommage à une terre et un peuple que Renaud affectionne. Ils forment un album à part entière, qui malheureusement ne tient guère ces promesses. À chaque nouvelle chanson, on finit par se demander si ce huguenot du quatorzième arrondissement ne devrait pas tout simplement arrêter la chanson. Thierry Henry a déjà présenté des excuses à l'irlande, Renaud devrait en faire de même.
Label : EMI

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