pop-rock
Guitare en Scène 2026 : Manu Lanvin met le feu après les Pixies et fini son concert dans le public
Le chanteur a livré un concert incandescent, conclu guitare à la main au milieu d’un public totalement conquis.
Aaaah… Guitare en Scène !!! On vient parfois pour une immense tête d’affiche et l’on repart avec une autre claque dans la gueule. Ce 15 juillet 2026, ou plutôt dans la nuit de mercredi à jeudi, le scénario s’est une nouvelle fois vérifié au Stade des Burgondes de Saint-Julien-en-Genevois.
Après le rock alternatif des Pixies, Manu Lanvin avait la lourde tâche de refermer la deuxième soirée de Guitare en Scène. Mission accomplie, et avec une sacrée marge : une voix enragée, une guitare incandescente et un final complètement dingue au milieu d’un public conquis.
Le rendez-vous était fixé à 00h05, quelques minutes seulement après la fin du concert de Black Francis et de sa bande, avec une heure de blues-rock annoncée jusqu’à 1h05. Sur le papier, le créneau pouvait ressembler à un simple dernier verre musical avant de reprendre la route. Dans les faits, le français a transformé l’after en véritable apothéose.
Après les Pixies, une nouvelle décharge électrique
Il faut déjà avoir un sacré tempérament pour monter sur scène juste après les Pixies. Beaucoup se seraient contentés de jouer proprement, de remercier poliment le public et de laisser retomber tranquillement la pression. Manu Lanvin, lui, n’est visiblement pas câblé comme ça !
Dès son arrivée, le guitariste et chanteur impose sa présence avec cette énergie qui lui colle à la peau. Une énergie physique, presque animale. Il ne se contente pas d’interpréter ses chansons : il les attaque. La voix râpe, grogne et explose, tandis que les riffs partent avec la précision et le mordant d’un musicien qui connaît chaque recoin de son instrument.
Chez Lanvin, la virtuosité ne ressemble jamais à une démonstration froide pour amateurs de manches et de pédales d’effets. Son doigté impressionne, évidemment, mais il reste constamment au service du groove et de l’émotion. Chaque solo semble construit pour faire bouger les corps, taper du pied et réveiller les derniers festivaliers qui auraient encore cru pouvoir terminer cette soirée calmement. Raté !!!!!
Manu Lanvin ne joue plus seulement en trio
Cette prestation marquait également la présentation d’une nouvelle version du projet scénique de Manu Lanvin. Quelques jours avant le festival, Jacques Falda, fondateur de Guitare en Scène, avait annoncé que le traditionnel power trio était désormais entouré de musiciens supplémentaires, portant la formation à sept personnes sur scène. Un dispositif beaucoup plus imposant, décrit comme une véritable nouvelle étape dans le spectacle du bluesman.
Une évolution logique depuis la sortie de « Man on a Mission« , son dernier album paru en octobre 2025. Manu Lanvin y élargit son terrain de jeu en mélangeant blues, rock, soul et sonorités vintage, avec davantage de claviers, de percussions et d’arrangements. Le musicien avait notamment expliqué avoir voulu retrouver certaines couleurs organiques des années 70, quelque part entre Curtis Mayfield et le Tedeschi Trucks Band, tout en conservant le noyau dur de The Devil Blues.
Sur la Scène Village, cette formule amplifiée donne du volume et surtout une formidable sensation de mouvement. La musique respire, accélère, ralentit puis repart de plus belle. Les instruments ne viennent pas simplement épaissir le son : ils donnent à Lanvin un terrain de jeu encore plus vaste pour courir, haranguer la foule et balancer ses riffs avec une putain d’assurance.
Une rage dans la voix et du blues jusque dans les tripes
La musique de Manu Lanvin appartient au blues, mais certainement pas à celui que l’on écoute religieusement dans un fauteuil en étudiant la moindre grille d’accords.
Son blues sent la route, la sueur et les amplis poussés un peu trop fort. Il pioche autant dans le rock que dans la soul ou le boogie, avec cette voix reconnaissable entre mille : profonde, rugueuse, parfois presque cassée, mais toujours parfaitement tenue.
Le répertoire actuel de l’artiste s’appuie largement sur « Man on a Mission« , dont sont notamment issus Change My Ways, I Got The Blues, Saving Angel, What’s The Matter With U? ou encore le morceau-titre. Lors de ses concerts précédents de 2026, Lanvin a également continué de défendre ses incontournables, parmi lesquels She’s da Bomb, When I’m Down, Soul Revolution et sa reprise survitaminée de Highway to Hell.
Manu Lanvin joue comme si chaque chanson pouvait être la dernière du concert. Il donne tout, sans retenue et sans économie. Sa voix devient rageuse, son corps accompagne chaque attaque de guitare et le groupe avance derrière lui comme une énorme machine parfaitement huilée.
Un public rapidement embarqué
Sur la Scène Village, la proximité change tout. Contrairement à un immense espace où l’artiste peut parfois sembler lointain, Guitare en Scène entretient une relation presque directe entre les musiciens et les spectateurs. C’est d’ailleurs l’une des particularités revendiquées par le festival : permettre au public de voir les artistes, leurs gestes et leurs doigts courir sur les instruments sans dépendre uniquement d’écrans géants. Un environnement idéal pour Manu Lanvin !
Le chanteur ne laisse jamais la foule dans une position de simple observatrice. Il sollicite, provoque, tend le micro et cherche les regards. Quelques mouvements de bras suffisent à faire répondre le public. Un riff lancé avec davantage d’insistance, et les premiers rangs se mettent à bondir.
Au fil du concert, la « légère fatigue » accumulée ces derniers jours par les fortes chaleurs et ce deuxième jour de festival, disparaît. Les festivaliers qui ont fait le voyage vers la Scène Village après les Pixies comprennent rapidement qu’ils ne sont pas venus assister à un petit supplément de programme. Manu Lanvin est en train de leur offrir un concert entier, généreux et furieusement vivant.
L’artiste connaît particulièrement bien Guitare en Scène. Jacques Falda le décrit comme un « vieux copain » du festival, où Lanvin s’est produit dès les premières années de sa carrière. Quelques jours avant ce nouveau passage, le guitariste évoquait encore son attachement à la Haute-Savoie et à ces scènes régionales jalonnant une vie essentiellement passée sur la route.
Et cette relation privilégiée se ressent. Manu Lanvin ne joue pas comme un artiste venu honorer une date supplémentaire dans son calendrier. Il se comporte comme un gars revenu à la maison avec la ferme intention de retourner le salon.
Un final complètement dingue au milieu de la foule
Le concert aurait déjà pu s’arrêter là et rester comme l’une des excellentes prestations de cette édition 2026. Mais Manu Lanvin avait visiblement envie d’enfoncer le clou.
Pour le final, le musicien quitte la scène et vient jouer directement au milieu du public. Guitare en main, encerclé par les spectateurs, il transforme les dernières minutes en un immense moment de communion.
Ce n’est plus simplement un concert que l’on regarde. C’est une scène qui se déroule à quelques centimètres des visages, au milieu des bras levés, des téléphones et des sourires incrédules. Lanvin continue de jouer, se déplace dans la foule et semble se nourrir de chaque réaction.
Le public se resserre autour de lui sans jamais briser la magie. Les derniers riffs circulent comme une décharge électrique au milieu des festivaliers. Plus de distance, plus de frontière entre la scène et les spectateurs : seulement un musicien, une guitare et quelques centaines de personnes complètement embarquées dans son délire.
Un final en apothéose, spectaculaire sans paraître artificiel, qui résume parfaitement la force de Manu Lanvin en concert. Le bonhomme peut impressionner avec sa technique, mais il préfère utiliser son talent pour créer des souvenirs. Et bordel, celui-ci devrait rester un moment !
La magnifique surprise de cette deuxième soirée
Les Pixies étaient évidemment l’événement majeur de ce mercredi à Guitare en Scène. Le groupe américain ne proposait que quelques dates françaises en 2026 et son passage à Saint-Julien-en-Genevois constituait son unique escale régionale.
Mais Manu Lanvin a rappelé qu’un festival ne se résume jamais à son nom le plus gros sur l’affiche.
En montant sur la Scène Village après minuit, avec son groupe élargi, sa voix pleine de rage et son jeu de guitare exceptionnel, le français a offert un second souffle à une soirée que beaucoup pensaient déjà arrivée à son sommet.
Une prestation généreuse, explosive et profondément humaine, conclue au milieu des spectateurs comme pour rappeler que le blues et le rock ne valent vraiment quelque chose que lorsqu’ils sont partagés.
Guitare en Scène porte décidément très bien son nom. Et cette nuit-là, Manu Lanvin n’a pas simplement occupé la scène : il l’a quittée pour aller mettre le feu directement dans la foule.
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