Scène française
Mr Roux en interview
Mr Roux en interview
Au fil des concerts, Mr Roux et ses deux comparses se font peu à peu repérer hors des frontières bretonnes. Actuellement en tournée jusqu’à la fin du mois d’août, Zikeo.net s’est intéressé au cas de Mr Roux.

C’était mon premier concert en rentrant de ce voyage. Suite à ce premier concert dans un caféconcert à Rennes, j’ai rencontré Jauni Bernardo à la guitare et Brandon Michel à la contrebasse. On a décidé de faire un trio et l’on a gardé mon nom car c’est parti comme ça et sans savoir combien de temps cela peut durer. Donc je me disais, je pourrais les virer plus facilement si je les trouve fatigants et puis finalement ça fait trois ans qu’on tourne ensemble et que cela se passe bien.
Beaucoup de scènes se sont enchaînées suite à cette « coalition » avec tes deux acolytes. Au départ, c’est vraiment un succès breton Mr. Roux ?
Disons que l’on a beaucoup joué en Bretagne et dans les régions alentours. Il est vrai que dans le grand ouest en général, il y a un bon réseau de cafés concerts, d’associations, de petits festivals qui nous ont permis de nous faire connaître par le bouche-à-oreille et de nous développer, d’enregistrer un disque sur Rennes, de distribuer uniquement sur le grand ouest dans un premier temps.
L’album est ressorti tel quel en 2007 par respect pour les gens qui l’ont acheté en 2005 ?
Par respect oui, car cela nous paraissait normal. Un album, c’est une photographie d’un moment précis. Si tu commences à reproduire des choses, à remasteriser, à changer, tu changes tout car il s’est passé un an et demi entre temps. En tant que musiciens, nous évoluons comme artistes également. Donc on se répartit sur des choses différentes et par conséquent on a préféré le sortir tel quel sans le toucher.

Oui je pense que c’est la démarche de la plupart des musiciens de respecter les gens qui viennent les voir en concert et qui les font vivre. Il est vrai que nous sommes attachés à ne pas prendre les gens qui sont en face de nous que pour des consommateurs.
Mr. Roux, c’est plutôt l’univers des anti-héros, des gens qui ont une faille, des gens qui sont comme nous finalement, qui sont toujours à la limite ?
Des gens normaux en fait. Tout le monde est comme ça je pense, sauf qu’on ne le montre peut-être pas beaucoup. Mais c’est cela qui est le plus intéressant chez les gens, c’est leurs failles, leurs défauts, le côté lisses des choses ne m’intéresse pas trop.
Tu surf sur le paradoxe et la contradiction en permanence en fait ?
Oui comme moi, comme tout le monde je pense.
Tu disais d’ailleurs que la plupart des textes sont autobiographiques. Certains te ressemblent quand tu étais adolescent toi aussi, comme Petit Rasta par exemple ?
Dans tous les textes, il y a un peu de moi et après je mélange avec des choses que j’invente, des choses que j’ai vues, que l’on m’a raconté car si je parlais comme moi, ce ne serait pas forcément très intéressant. Mais c’est un mélange de pleins de choses. Il n’y a rien qui est à 100% autobiographique, mais moi seul sait, dans les chansons, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.

C’est toujours moi parce que en l’occurrence, je ne me suis toujours pas levé de mon canapé. Donc oui c’est ce que je pense dans la chanson Petit Rasta. C’est un portrait d’un adolescent révolté et c’est juste un angle pour aborder un sujet plus vaste qu’est la perte des idéaux quand on grandit et le fait que d’avoir des belles idées, c’est bien mais que c’est beaucoup plus compliqué de les transcrire en acte.
J’aimerais aussi que tu nous parles de Ma mère la pute ?
J’aime bien quand les gens disent ça, c’est pour cette raison que je l’ai appelé ainsi cette chanson. Oui en fait ce n’est pas une chanson sur ma mère, c’est une chanson sur les prostituées en général et sur le fait de dire qu’une pute peut aussi être une mère. Donc je me suis mis à la place d’un fils de pute et puis j’ai essayé de tourner cette chose-là pour que l’enfant soit fier de sa mère malgré le fait que c’est une prostituée, c’est une chanson hommage pour les prostituées du monde entier.
Label : Universal
Cédits photos : D.R
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